En plein cœur de Port-au-Prince, au Champs de Mars, la tradition exige de la mairie de concert avec les artistes, les paysans,les artisans d’exposer les produits locaux, caribéens et les animaux sauvages de la faune africaine et haïtienne. Cette grande festivité baptisée foire était une occasion pour les enfants accompagnés de leurs parents pour se former, découvrir et s’amuser. Par ailleurs, elle est pour les jeunes un souvenir inoubliable marqué par de longs retrouvailles et surtout une preuve de maturité offerte par leurs parents.

En effet, la journée de l’agriculture et du travail a été pour plus d’un, une journée de sensibilisation, de protestation et d’engagement. Mais depuis plusieurs années, cette tradition tend à s’effacer de notre culture et laisse un grand vide sur le plan social, économique et même académique. Ce constat nous porte à s’interroger sur les principales causes de cet effacement et par quels moyens on peut y remédier. Tels seront les objectifs de cet article.
Histoire de la journée du travail et de l’agriculture
D’après l’histoire, cette journée a eu son origine en France en 1793 où la commémoration se faisait le 1er pluviôse autrement dit le 1er janvier. Ce mouvement va s’étendre avec l’une des journées officielles qui a eu lieu le vendredi 1er mai en 1886 à Chicago par des protestations des ouvriers réclamant une réduction des heures de travail. Soit 8 heures en lieu et en place des 12 heures exigées qui traduisent la condition inhumaine des salariés. Cette journée fut baptisée » Moving Day » qui signifie la fin du contrat des salariés Américains et la journée de comptabilité des entreprises et s’inscrit dans l’histoire comme la première journée de grève des ouvriers qui a engendré des morts et des victimes.
En outre, en Haïti ce mouvement a rallié des disciples qui protesteaint contre le gouvernement de Lysius Salomon Jeune en 1879 mais sans succès. Il a fallu attendre la ratification française de la loi des ouvriers en 1920 pour obtenir une compensation des heures de travail en 1949 sous le gouvernement de Dumarsais Estimé. Ainsi le 29 avril 1949, la journée du travail et de l’agriculture fut constitutionnalisée.
Commémoration de la journée du travail et de l’agriculture en Haïti
Pour faire suite à l’introduction de l’article, à une certaine époque, la commémoration de cette journée a été une occasion pour valoriser les paysans, leur travail, leur place dans le développement de la société haïtienne ; une opportunité pour apprendre, découvrir, se divertir et réengager les citoyens. Elle fut aussi une journée de sensibilisation pour les ouvriers afin de rappeler aux autorités à s’engager et adopter une autre politique pour de meilleures conditions de travail et de vie des salariés. Mais quand est-ce qu’on est arrivé là ? Ques moyens pour sortir de ce capharnaüm social, culturel et économique ?
Quelques propositions de solutions
Le niveau de production agricole d’un peuple est proportionnel au niveau du développement social, économique et politique de la population. Ainsi, un peuple qui n’a pas l’autonomie en agriculture, en industrie est un peuple mort. Alors quelques mesures peuvent être bénéfiques pour remonter la pente de cette baisse fatale du niveau de vie de la population haïtienne comme:
-Élaborer une politique agricole pour faciliter le travail des paysans et toutes entreprises désireuses d’investir ce secteur incontournable.
– Établir un programme éducatif théorique et pratique pour la formation des écoliers et montrer l’importance des produits agricoles dans leur apprentissage.
– Élaborer des projets à court et à long terme pour l’irrigation, le désherbage et tout autre mécanisme nécessaire pour la production des terres.
– Lancer une campagne de sensibilisation et de recyclage des produits agricoles qui peuvent être transformés en compost ou en engrais pour la santé de la terre.
– Accompagner, supporter et surtout financer les jeunes entrepreneurs dont leurs ambitions est de créer la nouvelle Haïti par la plus grande de toutes les richesses : la terre.
En guise de conclusion, un peuple est heureux et béni quand il consomme les fruits de sa terre que ce soit à l’état brut ( agricole) ou transformés ( industriel). Nos pères ont lutté pour l’obtention de cette richesse, alors la tâche incombe à tous-tes citoyens, citoyennes engagés-es de la chérir, la cultiver et de profiter de tous ses fruits pour une nouvelle génération et pour une autre commémoration de la journée du travail et de l’agriculture.
Eunice LÉONARD
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