L’alphabétisation des femmes et des filles : Un droit à respecter pour une société juste et inclusive, les étudiants en parlent _ DGD TV

Le dimanche 8 septembre, lors de la rubrique À la Rencontre des Étudiants, DGD Magazine a organisé sa cinquième causerie autour de l’alphabétisation, un concept dominant à l’échelle mondiale en ce jour de célébration. Les intervenants ont profité de cette occasion pour sensibiliser la population et partager leurs réflexions sur le thème de la soirée : L’alphabétisation des femmes et des filles, entre droit et politique éducative, quelle option choisir ?

L’alphabétisation est l’un des droits fondamentaux prescrits par la Constitution haïtienne dans l’article 32.9, qui stipule que l’État et les collectivités territoriales ont le devoir de prendre toutes les dispositions nécessaires pour intensifier la campagne d’alphabétisation. Son importance est donc capitale pour la société, avec pour objectif l’inclusion sociale de tous. Cependant, les femmes et les filles ont parfois été privées de ce droit, malgré les nombreuses luttes féministes. Afin d’analyser et de comprendre cette situation, les intervenants ont répondu à des questions clés, apportant une autre perception de ce concept en Haïti.

Dès 19h15, les participants ont rejoint la salle Google Meet, et sous la modération de Mme Lourdemia MARCELIN, la discussion a officiellement commencé avec des salutations formelles et des présentations des jeunes intervenants. Fidèle aux principes de l’initiative, les questions de réflexion furent adressées à tour de rôle.

Djeffté ESTINVIL, étudiant en Sciences Juridiques, fut le premier à être questionné sur l’alphabétisation en tant que droit à respecter. Selon ce jeune activiste social, l’alphabétisation, perçue comme la capacité à lire et à écrire, est aussi un outil essentiel pour l’accès à la justice et à l’information juridique. Elle permet aux individus de comprendre leurs droits et obligations, de naviguer dans le système juridique et de participer pleinement à la société. Ainsi, c’est un droit fondamental à respecter, intrinsèquement lié au droit à l’éducation et à la liberté d’expression, deux piliers des droits humains.

Chrispus TATTEGRAIN, étudiante en Gestion financière et en leadership, a ensuite partagé sa compréhension de l’alphabétisation en tant que jeune femme. Pour elle, l’alphabétisation des femmes et des filles va bien au-delà de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; c’est aussi la capacité à utiliser l’information pour participer activement à la société, prendre des décisions éclairées et aspirer à une vie meilleure. Pour une jeune femme, être alphabétisée signifie accéder à l’autonomie, choisir son parcours de vie et contribuer au développement de sa communauté. C’est une compétence qui ouvre des portes à l’éducation, à l’emploi et à la santé, car une femme alphabétisée est mieux informée et équipée pour prendre soin d’elle et de sa famille.

Sous l’attention soutenue de l’audience et la modération bienveillante de Mme Marcelin, les échanges se sont intensifiés, abordant la réalité des droits des femmes. Djeffté et Chrispus se sont accordés sur l’idée que l’alphabétisation des femmes est un levier pour garantir l’accès à divers droits tels que l’éducation, le travail, l’information, la participation politique et économique. Une femme alphabétisée joue également un rôle clé dans la réussite scolaire de ses enfants et contribue à la réduction de la pauvreté, à l’amélioration de la santé publique et à la promotion de la paix.

Toutefois, le respect et la valorisation de ce droit font face à des obstacles, notamment les traditions patriarcales, le coût élevé de mise en œuvre des programmes, le manque de soutien gouvernemental et le risque de marginalisation des langues et cultures locales. Selon Djeffté, ces obstacles sont exacerbés par la pauvreté, la discrimination de genre et l’absence d’infrastructures éducatives adéquates.

Chrispus a soutenu l’idée que l’alphabétisation est une question de justice sociale. Militer pour l’égalité des genres, c’est défendre l’accès équitable à toutes les opportunités, y compris l’éducation, qui est le premier levier pour briser les cycles de pauvreté et promouvoir l’égalité des chances. Ce droit ne doit jamais être considéré comme un simple outil de politique, mais comme un droit inaliénable à promouvoir et protéger.

Cette causerie enrichissante a permis aux auditeurs de comprendre l’importance et l’urgence de l’alphabétisation en Haïti. Elle a aussi mis en lumière certains programmes éducatifs visant à réduire l’analphabétisme, en particulier dans les zones rurales et parmi les femmes adultes. Ces initiatives, bien que prometteuses, rencontrent encore de nombreux défis, notamment le manque de financement et d’infrastructures. Toutefois, des avancées significatives ont été réalisées grâce à la collaboration entre les ONG et les partenaires internationaux.

Jusqu’à 21h, la discussion a continué avec des échanges passionnés et éclairés. Enfin, la modératrice a mis fin à la séance après que les intervenants ont adressé des messages aux autorités, aux femmes et aux filles, les encourageant à continuer de lutter pour le respect de leurs droits, en particulier celui à l’alphabétisation.

Eunice LÉONARD, Activiste littéraire

Publié par DGD TV

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