Enlivrez-vous et délivrez votre esprit – DGD TV

La lecture est une activité indépassable pour tout un chacun désirant de devenir un intellectuel. C’est un mécanisme de l’esprit car elle mobilisa les facultés mentales et spirituelles de l’être humain. En s’adonnant à la lecture l’individu éloigne ou mieux cherche à éloigner de lui l’ignorance. Fort souvent, nous demeurons trop dans la bêtise en raison de notre dégoût pour les écrits. La lecture revigore notre cerveau. Elle est prescrite à tous les âges et en tout temps. Dans le temps et aujourd’hui encore, il est dit que les connaissances sont livresques. Ainsi, il est inélégant de penser à croire au renouveau de son savoir sans que les livres ne soient au centre de sa vie.

Plus on lit, plus on connait. En revanche, moins qu’on lise peu qu’on sache. Ce dernier aspect nous permet de regarder, comme élément de contexte, la raison d’être d’une société haïtienne bâtie et construite amplement sur une tradition orale plutôt qu’une tradition écrite. Les haïtiens aiment débattre, parlent mais lisent que très peu. Pourquoi ? La littérature, au sens premier du mot, l’ensemble des œuvres écrites d’un peuple d’Haïti a évolué. 

Depuis la création de l’Etat d’Haïti, la plume des écrivains et auteurs de tout acabit n’a cessé de proposer des écrits à la nation. Ces tonnes de notre littérature de peuple sont enseignées aux écoles et universités d’ici et d’ailleurs. C’est la pensée haïtienne qui a existé dans le temps et hors du temps. Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis, Anténor Firmin, Fernand Hubert, Justin Lhérisson, Démesvar Délorme sont autant d’auteurs connus de vous et de moi qui jalonnent le panthéon de notre littérature tout au long du 19e et du 20e siècle. Ces auteurs ont retracé le vécu du peuple haïtien dans ces temps anciens. La vie sociale, la culture, les épineuses questions politiques et de gouvernance, les hauts et les bas, nos déboires, nos succès et nos ressentis sont tous ressortis dans notre histoire décrite par nos littérateurs. Tout ceci traduit l’importance d’une littérature dans la vie d’une nation. Et, comment la lecture peut aider à se reconnaitre, à faire le pont entre plusieurs générations, à savoir les bases de notre désir de vivre ensemble. 

Dans le cadre de cette formation, nous nous attarderons à orienter nos réflexions autour de ces trois (3) axes : 

  1. Pourquoi lire (s’enlivrer pour mieux délivrer son esprit) ?
  2. Comment lire efficacement ?
  3. En quoi la lecture peut-elle bénéfiquement nous être utile ?

  À la fin de cette formation, les participants doivent pouvoir tirer d’affaire d’une lecture qui puisse être utile. Il est de bon ton aussi que les participants sachent les bonnes raisons pour lesquelles s’adonner à la lecture se révèle être une activité indispensable pour l’esprit.

  1. Pourquoi lire (s’enlivrer pour mieux délivrer son esprit) ?

Le thème de la formation est affirmatif. Il indique clairement ce qui est à faire pour délivrer son esprit. La lecture en soi est une délivrance spirituelle. Elle permet de se désenchaîner des chaines de l’ignorance. Grâce à la lecture l’on peut se rendre compte de ce que l’univers représente pour nous. On doit lire, entre autres, pour ces raisons :

La lecture ravive l’esprit. Notre esprit a besoin d’être toujours gardé en vie. Il l’est bien quand il est mis en situation de lire. Meubler son esprit se fait bien à l’aide de la lecture ce qui est de plus intéressant pour l’être humain. Emmagasiner des connaissances au travers de la lecture rend l’esprit vital. Notre esprit produit des signaux vitaux en étant en connexion aux connaissances livresques.

La lecture fait gagner du temps. Pour chasser l’oisiveté, la perte inutile de temps, il faut lire. La jeunesse constitue la période de la préparation dans la vie d’un adulte. En ce temps, il est recommandé de faire en sorte que cette semence (la semence en ce temps) donne du fruit. L’on se plait souvent à répéter « si jeunesse savait si vieillesse pouvait » et cela a un sens dans le domaine de la lecture. La connaissance de l’histoire antique est à apprendre par les touts petits et aux jeunes âges. Cela se sera quand du bon temps est pris pour se lancer dans cette mine inépuisable qu’est la lecture. Comme constat, nous voyons de plus en plus que la jeunesse estudiantine et scolaire se lâche dans des activités puériles et sans allure positive aucune tandis que les jeunes pouvaient lire. Lire pour gagner du temps, lire pour gagner son temps. Lire pour que son temps soit profitable. C’est le secret des grands esprits.

La lecture aide à son devenir d’intellectuel. Aller à l’école, devenir universitaire ne fait pas d’un individu un intellectuel. L’homme ou la femme à qui l’on donne le nom d’intellectuel est celui ou celle qui fait la profession d’œuvres de l’esprit. Il ou elle juge que seul le travail où l’esprit est sollicité compte. Si l’on souhaite être intello l’on doit commencer par lire. Tout commence dans ce plongeon dans l’univers de l’intellectuel. Être en constant contact avec les auteurs revient à partager l’intimité de ces confins d’intellectuel. C’est la pensée (l’esprit) qui dirige le monde. Et, cette dernière ne parviendra que dans la lecture.

Ainsi, répondre à l’interrogation sur le pourquoi de la lecture revient à la regarder dans son apport à l’esprit qu’elle ravive, a ce qu’elle aide à faire que son temps soit profitable et dans le sens qu’elle soit considérée comme une étape primordiale dans son devenir d’intellectuel.

  1. Comment lire efficacement ?

Allons vers les théories existantes sur la lecture, elles nous diront qu’il existe au moins cinq (5) types de lectures. Voyons les tous ensemble rapidement. L’on compte ces formes :

. La lecture de base, elle consiste à lire un texte de bout en bout de la première page à la dernière. Cette forme de lecture est la lecture pour puiser le texte sans rien laisser en surface. Elle donne au lecteur la possibilité de s’enquérir aux moindres détails de ce que l’auteur prétendait dire ou faire passer en écrivant.

. La lecture active, elle veut que le lecteur puisse également apprendre de l’auteur qu’il lit. Ainsi, il est demandé au lecteur de souligner les idées frappantes du texte, les plus beaux passages, les citations et autres éléments mérités à être mis sous les dents. C’est une forme de lecture a travers laquelle, le meilleur du texte est remarqué. Ainsi, en s’adonnant a cette forme de lecture, le lecteur tire les profits pour aborder lui-même en ses propres mots une idée pareille ou refaire la synthèse d’une telle lecture quand l’occasion se présente.

. La lecture sélective, elle favorise au lecteur d’un seul regard de procéder au relèvement des essentiels du texte lu. Un processus de sélections des parties intégrantes et indispensables de l’auteur.  Des éléments de bibliographie, des citations et tout sur la structure du texte sont relevés pour être cités dans d’autres occasions par le lecteur.

. La lecture analytique, en bon lecteur avisé, il s’adonnera à discuter de la charpente donnée par l’auteur à son texte. Elle est la forme de lecture qui permet de regarder aux peignes fins l’argumentation présentée par l’auteur. Le lecteur faisant la lecture analytique d’un texte tâchera lui également de reprendre, en de simples mots mais par sa manière, le plan développé. 

. La lecture en diagonale, elle ouvrira les perspectives sur un texte mais non de manière approfondie. Avec les yeux, dans une fraction de secondes, un lecteur tiendra en sa mémoire l’essentiel d’un ouvrage qu’il pourra lire plus globalement dans une autre occasion. Comme il faut saisir de bonnes occasions quand elles se présentent, le lecteur profitera de tout pour nourrir son appétit livresque.

Quelle que soit l’une ou l’autre de ses formes de lecture, un individu qui veut lire efficacement en usera une pour s’aventurer comme lecteur ou lectrice. Ce qui est important est de pouvoir lire comme l’on peut en temps opportun ou non. Autrement dit, il s’agit d’un fallacieux prétexte de ne pas lire. Plus encore, si l’on fait sien une méthode pour lire (en diagonale, sélective, active, de base, analytique) on peut le faire de manière efficace réellement.

  1. En quoi la lecture peut-elle bénéfiquement nous être utile ?

Au moment de ce séminaire, notre pays est renversé. Tous les fondements de notre État et État de Droit sont sapés et n’existent plus. Que faire ? Il parait bien illogique que de croire que la réponse à apporter à une telle question viendrait en tout autre endroit sauf dans le sujet que nous apprêtons à aborder aujourd’hui. J’oserais dire non. Pourquoi ? Il y a fondamentalement une absence de pensée dans les nombreuses solutions ou tentatives de solutions qu’on accorde aux maux rongeant notre société. Cette carence de pensée est également un manque à la façon dont les gens de lettres puisent dans les écrits. Et, pour cette raison, il faut bien massivement lire. Ce qui nous sera bénéfique pour ces raisons :

-La lecture peut nous être bénéfiquement utile au sens où elle nous ouvrira les yeux sur d’autres pistes innovantes pour gérer notre vie et notre société. Rien n’est de nouveau sous le soleil. Tout n’est qu’une transformation. Des sociétés en crises, il y en avait toujours. Des individus qui traversent toutes les mauvaises situations de la vie nous ont devance des millénaires avant. Eux-mêmes (sociétés et individus) se sont battus pour trouver des manières stratégiques les plus idoines pour affronter les difficultés en sortir et laisser pour la postérité ces leçons de choses et de vie. Comment le saurons-nous si nous ne lisons pas ? Par la lecture, nous apprendrons du passé tant en terme individuel que dans le point de vue collectif. Haïti a besoin d’expérimenter des solutions gagnantes du passé. Ces solutions pour des crises aussi multiforme existent et sont dans les livres. Ainsi, si nous désirons nous changer nous-mêmes pour ensuite changer notre pays, cela passera par l’apprentissage des histoires de succès du passé qui sont cloitrées dans les livres.

-Et, la lecture peut nous être bénéfiquement utile en nous emmenant vers un changement de narratif et de mentalité. Ce que nous percevons de par nos sens influence nos vies. Si nous ne voyons que ces événements qui nous arrivent, il est psychologiquement prouvé que nous pensons également à ces choses. Pour changer les donnes, il faut passer à la mise en place d’une autre image dans la tête et dans le cœur. Incruster dans son être l’image d’un jeune qui œuvre de se faire connaitre au monde en devenant un Prix Nobel dans tel ou tel domaine est possible en lisant des histoires fascinantes d’autres jeunes dans d’autres milieux. La lecture en ce sens serait l’exil des violences armées avec lesquelles nous partageons notre quotidien. Il faut aujourd’hui lire pour partir ailleurs vers des modèles de réussite, d’exploits que malheureusement notre cite ne nous permet plus de compter et de voir ici. La lecture est heureusement cette pullule à avaler pour rester déconnecté aux réalités sociales criantes et désespérantes de nos jours. Prendre la lecture comme boussole et on vivra des moments heureux en se détachant loin de la dépression.

Me Godson LUBRUN,

Maîtrise en Sciences du Développement, master en management des médias, Communicateur Social, Journaliste.

Publié par DGD TV

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