En réponse à l’insécurité, la violence et l’epistémophobie qui s’installent en Haïti, le vendredi 12 mai 2023, les jeunes ont trouvé un beau prétexte pour se réunir. En effet, Aux environs de 10 hres, le temple du savoir de Delmas fut la scène d’un défilé culturel et littéraire par des mannequins de la vie parés de leur tambour, guitare, keyboard, livres et de leurs têtes remplies de proses et de vers pour marquer cette journée de la toute première édition dont ils n’auront pas à jouir une double fois.

Nombreuses sont les activités entre écrivains, poètes, comédiens ou autres mais aucune entité ou association n’a eu cette brillante idée de créer un faisceau d’espoir avec ces artistes venant de différents horizons. Ainsi ils étaient plus d’une cinquantaine par faute d’espace car la demande allait bien au-delà, a assisté à cette grande première d’après la déclaration du coordonnateur général monsieur Wood Jude JEAN.
Comme l’a si bien dit Eugène Ionesco : Tant qu’on est vivant, tout est prétexte à la littérature. » Ainsi dans la programmation du jour, le public poétique et prosaïque a assisté à une conférence animée par le professeur Rodolphe MATHURIN dit Sonson Mathurin autour du thème « Lawouze » ayant comme support le chef-d’oeuvre de la littérature haïtienne : Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain. Lors de son exposé, le conférencier a dressé l’historiographie de cette œuvre comme un appel à la terre car elle est assoiffée d’eau pour la pérennité de ces fils et filles et que cette eau n’est autre que la jeunesse haïtienne.
Pour faire suite à cette nouvelle forme de rencontre, le modérateur : Emmanuel PACORME a assuré les échanges entre les participants et le conférencier dont le texte de Roumain a éveillé un esprit d’engagement, de révolte et d’imposition pour la combite de l’eau. Et, en lieu et place de la deuxième partie, l’invitation à performer fut lancée aux artistes par le coordonnateur général Wood Jude JEAN en négligeant les normes à l’européene pour adopter celles de la coumbite de Manuel. Un mélange de poésie, de slam, de chants, d’ humour, de lecture scénique ; sous les rythmes sonores, dansants du tambour, de la guitare et du keyboard ; les participants s’extasiaient car « Lawouze » se répandait dans la salle, sur tous les visages et comme disent les poètes : » une nouvelle Haïti est née ».
Cette première édition de Vivre en Prose et en Poésie qui d’après le coordonnateur adjoint monsieur Emmanuel PACORME s’inscrit dans un cadre de militance, de prostastion et surtout d’un bel prétexte pour se réunir, est synonyme de renaissance, de paix, d’amour, de partage dont le symbiose culturel, littéraire et artistique est le seul gouverneur.

En guise de conclusion, car les participants ne voulant pas y mettre fin; l’ambiance paradisiaque a eu un terme par des séances de photos, des remises de certificats aux partenaires et sponsors et surtout dans la convivialité : un indicateur indispensable pour le changement de la société. Alors cette construction sociale qui prétend que les jeunes sont voués à l’échec fut mis échec et mat à la bibliothèque de Delmas par deux jeunes esprits brillants et très prometteurs pour la littérature et la culture haïtienne.
Eunice LÉONARD
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.