Il faut dire la vérité aux enfants » était une des fortes recommandations de Françoise Dolto, qui a été largement diffusée et a déterminé bien des attitudes éducatives parentales. Le « parler-vrai » aux enfants est entré dans les mœurs et est largement pratiqué par les parents qui y mettent une grande conviction.

Selon une étude menée en 2013 auprès de parents Américains et Chinois et publiée dans l’international Journal of psychology, entre 84 et 98 % des parents mentent à leurs enfants. D’autres recherches ont par la suite confirmé que ce comportement s’étendrait mondialement. Le mensonge, considéré comme un péché, semble ainsi largement répandu lorsque l’on s’adresse à des enfants. Une réalité qui ne parait pas bien glorieuse et qui pousse à nous interroger sur le sens de cette démarche chez les parents. Quels sont les risques de mentir à ses enfants ? Le mensonge peut-il être partisan d’une « bonne cause » ? Est-il parfois nécessaire, voire indispensable ?
Les 4 raisons pour lesquelles les parents mentent…
1 ) Certains sont plus des exagérations ou petits arrangements avec la vérité.
Il s’agit-là d’exagérer un peu les conséquences d’un acte afin de convaincre l’enfant à obéir.
Exemple : » Si tu ne finis pas ta soupe, te ne vas pas grandir » ou encore » Si vous continuez à faire les fous en voiture, la police va nous arrêter « .
Personnellement je ne considère pas ça comme des mensonges à proprement parler même si le simple fait de déformer la vérité est déjà un début de mensonge en soit.
2) Certains sont des mensonges-menaces
Voir carrément du chantage. Ces mensonges-là sont plus fréquents lors d’un état de désespoir de certains parents qui tentent cette technique en dernier recours.
Exemple : » Si tu ne n’arrête pas tout de suite, je jète la console à la poubelle » ou » Si tu ne viens pas tout de suite, on te laisse tout seul ici »
Ces mensonges jouent sur la peur. Cette méthode est particulièrement cruelle et à mon avis ne mène à rien et traumatise l’enfant.
3) Les mensonges à des fins protectrices.
Beaucoup de parents l’utilisent parfois même sans s’en rendre compte. Ils ne font pas de mal aux enfants mais attention à ne pas en abuser.
Exemple : » Tu as été incroyable durant ton match de foot » ( alors qu’objectivement, son match a été très moyen ).
Ces mensonges sont plus des compliments ou encouragements que des mensonges, mais il faut être prudent à ne pas surévaluer ses enfants, ça ne leur rendra pas service.
4) N’oublions pas les fameux mensonges qui font parti de notre culture collective
A force nous ne les considérons même plus comme des mensonges ( Père Noël, la petite souris… ). Sur ce sujet les avis sont très partagés. Certains parents considèrent qu’il ne respectent pas leurs enfants en leurs faisant croire à ces légendes. Cette réaction est souvent liée à leur propre souffrance lorsqu’encore enfants ils ont appris la supercherie et l’on vécu comme une trahison. Ils avancent également l’argument du risque de moqueries à l’école de la part des camarades qui connaissent la vérité.
D’autres au contraire considèrent qu’il est important de conserver cette magie, ces mythes et qu’il s’agit plus de contes ou légendes que de mensonges.
Là où la chose devient plus compliquée, c’est quand nous utilisons ces mythes pour faire du chantage à nos enfants… Exemple : » Si tu ne ranges pas ta chambre, le Père Noël ne viendra pas te déposer de cadeaux ! » Avec ce mensonge-chantage, l’enfant va totalement perdre confiance en nous, parents, lorsqu’il apprendra que le Père Noël n’existe pas.

Ci-dessous quelques graves conséquences :
- Fragilité de la personnalité
Lorsque l’enfant capte un mensonge de la part de ses parents, il est déçu avec l’impression qu’il n’est rien pour eux. Évidement, pour construire sa personnalité, l’enfant a besoin du regard positif que posent sur lui ses parents et son importance dans le cercle familiale.
Nous savons tous, que le menteur ment soit pour éviter une situation désagréable soit pour se donner de l’importance.
- Absence de la confiance en soi
Du moment que l’enfant capte tout le temps le mensonge de ses parents, il perd confiance en eux et en lui, sachant que ce sont ses parents qui doivent lui donner confiance en lui.
- Absence de confiance dans ses relations
Du moment que l’enfant, pour son équilibre psychologique, a besoin d’avoir une image positive de ses parents, il projette ainsi le mensonge sur le reste des personnes. Ainsi, le marocain est convaincu que tout le monde ment, selon le dicton marocain « attention, ne fais confiance à personne ». Ainsi toutes les relations de l’enfant sont teintées de méfiance.
- Imitation des parents
Les parents sont le modèle parfait de l’enfant, et du moment qu’il refuse d’accepter que ses parents sont des menteurs, il reproduit ainsi leur comportement, considérant le fait que leur mensonge n’est pas un vrai mensonge.
- Jurer et avoir recours au coran
Lorsque les parents invitent l’enfant à jurer qu’il dit la vérité, ceci veut dire que c’est un menteur ! Encore plus grave lorsque les parents ne croient même pas l’enfant lorsqu’il jure par Dieu et lui demandent « dis : par le coran je dis la vérité ». Être considéré comme un menteur, est un vrai traumatisme psychologique.
- Perturbation de l’humeur et une anxiété exagérée
L’enfant dépose toute sa confiance en ses parents, mais lorsqu’il capte des mensonges de leur part, il considère ceci comme une haute trahison. Il devient ainsi anxieux de façon chronique avec de grave perturbation de son humeur (pleurs, hurlements, tensions musculaires et abdominales), de son sommeil avec une importante fréquence de l’énurésie.
- Éluder les mensonges
Avec les années, l’enfant apprend à éluder le mensonge, une autre façon de dire la vérité mensongère « le mensonge blanc ». Il comprend vite que contourner l’honnêteté, l’aide à tricher et à gagner sans effort.
- Absence de la responsabilité et de la sincérité dans les actes
L’enfant apprend vite qu’assumer des responsabilités et être honnête n’a pas beaucoup d’importance et avec le mensonge et le contournement des lois, il peut réaliser ses buts sans efforts.
- Le monde des adultes, un monde menteur
Les parents, pour l’enfant, représentent le monde des adultes, mais du moment qu’ils lui mentent, il considère tous les adultes y compris les enseignants, comme des menteurs, d’où sa perte de confiance en eux.

Mentir ainsi aux enfants, est un des grands facteurs, responsable de la violence dans la société, de l’absence de civisme, de la coopération et de servir la nation.

Recherche, Rédaction: Géraldine Alçenat PÉPÉ, étudiante en Sciences de l’éducation.
Sources : Wikipédia et Docteur Jaouad MABROUKI, Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe.
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